C'est pas que j'avais hâte que les vacances se terminent, mais vu la situation catastrophique de mon coeur et de mes finances, ce matin j'étais vraiment (hein ???) contente de retourner bosser.

Eh oui, vous savez, ce petit rituel qui va perdurer jusqu'à ma mort si tout va bien pour que mon fils puisse toucher à ma retraite...Moi j'aime bien. En plus au mois d'août, l'ambiance est d'un calme religieux, on est pas pressé, pas stressé, on prend son temps pour manger, on peut arriver 15mn en retard et partir 15mn en avance, bref, c'est peinard. Et c'est dans cette ambiance que je suis revenue travailler aujourd'hui.

Outre le fait de revoir mes collègues préférées, j'ai aussi eu l'occasion de déballer mon désastre sentimental à mes collègues qui n'attendaient que ça d'avoir les nouvelles fraîches de la nana qui a refait sa vie. Elles ont été servies ! Et moi aussi puisque ma collègue a entrepris de me faire un super méga bon massage de la tête et des épaules pour me décontracter. Haaaaaa....Bonheur...

Mais cependant...le retour au boulot signifie également le retour des souvenirs...Ehhhh ouiiiii...Toujours la même rengaine ! Un pas en avant, 2 pas en arrière !

Puisque c'est là, au boulot, que j'ai rencontré Val. Un soir, en débauchant à 18h, assise sur une marche de l'entrée de la clinique, je fumais tranquillement en décompressant. Et là, nos regards se sont croisés, et Cupidon ce salaud, nous a transpercé le coeur de milliers de flèches. Enorme coup de foudre. Grande première pour moi ! Pas trop tôt à 34 ans...hum.

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Donc, les 3 mois qui ont suivis, durant notre amour idyllique, je n'ai jamais autant aimé travailler.

Je m'empressais de regarder par la fenêtre si je l'apercevais, je lui envoyais un message dès que je prenais une pause pour qu'il me rejoigne, on s'embrassait en cachette dans les recoins de la clinique, on déjeunait ensemble sur un banc dans le parc de l'établissement...Une fois je suis revenue de ce pique-nique avec un petit paquet contenant une tarte au citron qu'il m'avait acheté pour le dessert. Et mes collègues étaient vertes de jalousie. Depuis, elles le surnommaient "monsieur Tarte au citron". Snif...Sortez les Kleenex...

Du coup, aujourd'hui, malgré ma motivation professionnelle digne d'une infirmière qui part au front, j'ai eu comme l'impression d'avoir des rochers (pas Suchard) dans le ventre. Gloups !

Et si je le voyais ? Et si je le croisais ? Et si il m'envoyait un message ?

Tssss, que dalle ! Ni vu, ni croisu, ni messagu.

La colère m'envahit...Et le pire c'est que je suis sûre qu'il est dans le même état, à attendre que je fasse le premier pas, rageant dans son coin, préparant des répliques assassines qu'il me déverserait en boucle.

Puis je suis repassé devant les fameuses marches de notre rencontre, j'ai été fumer là où nous prenions notre pause, j'ai regardé l'emplacement où il garait son véhicule de fonction...Puis je suis arrivée au vestiaire. Je savais.

En l'ouvrant, était scotché à ma porte une lettre d'amour very romantique et enflammée qu'il m'avait écrite. Il y avait aussi le petit bout de papier sur lequel il avait écrit son numéro de portable avec son prénom. Je me rappelle du jour où il me l'a donné. Les filles m'attendaient au self, et lorsque je les ai rejoint, avec mon petit bout de papier, j'avais l'air d'une nana qui avait abusé des amphétamines. Rouge, yeux grands (trops) ouverts, énorme smile, bref, la totale de la co-connerie des débuts du couple.

Alors les rochers de mon ventre ont laissé la place au Mont-Blanc. Boum ! Prend ça tiens !

J'ai reniflé la lettre enflammée (mais ça sentait plus rien), regardé le bout de papier, et mis tout ça dans mon sac. Je vais sûrement me faire une petite pochette avec les petits bouts de cet amour éphémère. C'était un amour important, et je n'ai pas envie de détruire ces souvenirs.

En fait, tout en écrivant, je me dis que je suis là, à faire ma romantique, et que si ça se trouve, dans quelques temps, il reprendra contact avec des paroles venimeuses dues à mon silence, et là je viendrai vous souler une fois de plus, mais dans l'autre sens (ex : quel con, trop nul, pourquoi j'ai été avec lui etc.). Allé, on parie ?

Puis je suis allée bosser, comme d'hab', égale à moi-même, écoutant les petits ragots de ce qu'il s'est passé durant mon absence. Ca fait du biiiiennnn...

I LOVE MY JOB

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